En route vers la sécurité affective avec l’allaitement



Les bénéfices du lait maternel et de l’allaitement sont nombreux et largement reconnus. Chaque parent rêve de donner le meilleur à son bébé, de lui offrir un environnement qui lui permettra de grandir et de s’épanouir. Cette notion de sécurité affective est l’un des éléments majeurs de l’épanouissent de chaque être humain. L’allaitement et plus largement le maternage proximal sont à mon sens un excellent moyen de développer un parentage propice à créer ce sentiment de sécurité chez l’enfant.


La sécurité affective

Avant la naissance, le fœtus est baigné dans un univers ouaté et chaud. En apesanteur, il ne connait ni la faim ni le besoin de respirer. Si la grossesse se passe bien il ne ressent pas de douleur non plus. Son univers et ses sensations vont radicalement changer avec sa venue au monde. Pour sa survie et ses besoins élémentaires le bébé est alors dépendant de l’adulte. Se sont les réponses constantes, régulières et homogènes à ses besoins qui vont lui permettre d’acquérir la sécurité affective.


Définition de la sécurité affective


La sécurité affective est un lien qui se construit avec le temps, dans l’attention et la régularité. Cette notion de lien est importante car derrière se dessine d’autres notions, ce lien relie deux personnes, il est propre à chaque relation. C’est-à-dire que chaque enfant va tisser un lien de sécurité affective avec chacun de ses parents, il pourra être différent, mais surtout ces liens seront interdépendants les uns des autres. Et enfin, les parents eux même auront le plus souvent un lien tissé entre eux aussi. Avec la naissance ce lien va être retravaillé enrichi modifié … La construction de ce lien n’est pas le fait d’une seule personne c’est la relation qui permet son élaboration. Ainsi c’est une co-construction entre l’enfant et son parent. C’est à travers la sécurité affective qu’un enfant trouvera la force de s’élever, de grandir, de s’éloigner sur les bases d’une confiance en soi solide.


La sécurité affective apparaît comme une nécessité vitale. Elle passe par une présence physique et une disponibilité psychique de la personne maternante. Pour se sentir en sécurité affective, l’enfant doit pouvoir se rassurer par la simple présence de l’adulte mais aussi se sentir exister à ses yeux. La confiance, la tranquillité, le bien-être, l’épanouissement social, cognitif, psychomoteur sont les conséquences d’une bonne sécurité affective.



Sécurité affective et attachement

Ces deux notions sont liées. En effet, sont d’abord apparues les théories de l’attachement, développées par Winicott puis Bowlby. Pour ces auteurs l’enfant a besoin pour se développer harmonieusement d’établir un lien avec la personne qui va réaliser ces soins, c’est le « caregiving » Pour que cet attachement soit sécurisant, pour qu’il réponde au besoin de sécurité de l’enfant, au besoin de sécurité affective, les auteurs et psychologues qui ont développé ensuite cette notion dans les années 1960 se sont penchés sur la qualité de ce lien.


Sécurité affective et ocytocine

L’ocytocine, est aussi appelée hormone de l’amour, ou hormone de l’attachement. Homme et femme, enfant et nouveau-né nous sécrétons tous de l’ocytocine. Cette petite hormone est sécrétée par l’hypophyse et a un rôle direct sur la contraction des muscles lisses comme l’utérus. Elle est responsable du réflexe d’éjection du lait maternel. Mais elle est aussi impliquée dans les sentiments d’amour, de bien-être. Sa sécrétion pulsatile est déclenchée par la succion du bébé au sein mais aussi par la vue, l’odorat, le toucher peau à peau. A l’inverse, la douleur, le stress ou la fatigue inhibe sa sécrétion. Ainsi, si l’on analyse la mise en place du lien d’attachement et de la sécurité affective d’un point de vu biochimique, l’ocytocine est le vecteur physiologique de ces phénomènes psychologiques. Favoriser l’attachement pour le bébé comme pour ses parents, favoriser la mise en place d’une sécurité affective c’est offrir aux jeunes parents et à leur bébé un environnement propice à la sécrétion en abondance d’ocytocine.



L’allaitement et le maternage proximal


Ainsi l’allaitement et le maternage proximal auquel il s’associe souvent créent cet environnement propice à une abondante sécrétion d’ocytocine pour les parents comme pour l’enfant.


Pour la maman :

Avec l’allaitement, la sécrétion d’ocytocine est maximale, en effet la succion au sein provoque pour la mère un véritable bain d’ocytocine. Pour que le bébé obtienne du lait en tétant, il faut que l’ocytocine provoque la contraction des muscles lisses placés tout autour des acini lactifères. Ces grappes de cellules contiennent le lait, ce qui provoque l’éjection de celui-ci lorsque le bébé tète.


Et plus largement, l’allaitement va mettre la maman dans une situation de proximité constante avec son bébé. La bulle, le lien de la grossesse perdurent, une sorte d’osmose se poursuit entre la maman et son bébé. Cette osmose permet aux mamans d’écouter, de ressentir de façon instinctive les émotions mais aussi les compétences de leur bébé. Elles peuvent alors ajuster plus facilement leurs réponses et leurs attitudes aux besoins de leur bébé.

Ce temps de fusion est parfois perturbant et difficile à vivre, nombreuses sont les mamans qui se sentent déstabilisées, fatiguées ou débordées. Elles peuvent alors être tentées d’abandonner tout en se sentant déchirées. Cet état d’esprit est normal, beaucoup de mamans le traversent, osez dans ces moments-là demander de l’aide. Demander de l’aide pour être soutenue, rassurée, pour retrouver confiance en vous, en votre instinct et en vos émotions.


Pour le papa


Je vais peut-être vous surprendre, mais j’affirme que l’allaitement est un excellent moyen pour les pères de créer un lien affectif fort avec leur bébé. C’est pour eux une véritable opportunité d’amorcer un lien d’attachement durable, fort et stable. Aujourd’hui avec l’allongement du congé paternité, ils ont la possibilité de s’impliquer auprès de leur bébé dès les premiers jours de vie. Les pères ont un rôle très important à jouer pendant l’allaitement. Passer du temps avec le bébé et sa maman découvrir le peau à peau, le portage, les jeux, les promenades sont autant d’actes qui leur permettront de connaitre intimement le bébé, de lui apporter des réponses constantes et ajustées à ses besoins. Enfin, ces contacts proximaux, peau contre peau sont reconnus pour augmenter la sécrétion d’ocytocine.


Pour le bébé

L’acquisition de la sécurité affective, c’est la possibilité pour l’enfant de pouvoir explorer et découvrir le monde tout en sachant qu’il est en sécurité, qu’il est aimé et qu’à tout moment il peut retrouver, la chaleur, la douceur des bras. Certains comparent la sécurité affective à un porte- avion. Les parents sont le porte- avion et l’enfant est l’avion. Il peut partir en exploration et revenir autant que nécessaire faire plein. (De lait, d’amour, de sécurité…) Avec le temps l’autonomie de l’enfant prend de plus en plus d’ampleur.



La sécurité affective, ce lien d’attachement qui relie l’enfant et ses parents se construit dans un bain d’ocytocine. Cette imprégnation de la mère, du père et du bébé favorise de la part des parents un comportement ajusté, des réponses aux besoins de l’enfant harmonieuses, constantes et homogènes. L’allaitement et le maternage proximal sont de véritables atouts pour construire cette dynamique. Avec l’allaitement, les parents et l’enfant se mettent en route vers la sécurité affective. Certains enfants deviendront rapidement de véritables explorateurs… Racontez –moi vos expériences et leurs exploits.




Sources : sécurité affective et lien d’attachement ; https://www.atelierdesfutursparents.com/Blog/article/la-securite-affective

Sécurité affective et développement : https://www.ceime.ca/la-securite-affective-de-votre-enfant/#:~:text=Voici%20comment%20r%C3%A9pondre%20aux%20besoins,pas%20%C3%A0%20ce%20moment%2Dl%C3%A0

http://www.crecheanddo.fr/la-s%C3%A9curit%C3%A9-affective