Comprendre la culture des services de néonatalogie, en connaissant leur histoire.


Pour mieux comprendre, l'esprit des équipe de néonatologie, leur culture, je me suis penchée sur leur histoire, l'histoire des soins aux nouveaux nés et la place donnée à l'allaitement et aux parents.


Un peu d'histoire.


Jusqu’au XVIIIème siècle, les soins aux enfants ont été laissés à la communauté des femmes. Puis « La médecine néonatale est intégrée à l’art obstétrical, les accoucheurs conservent le privilège de la surveillance des nouveau-nés jusqu’à la seconde moitié du XXème siècle. » . On trouve dans les écrits de ces médecins, des préoccupations médicales autour de la technicité, des réflexions scientifiques et des statistiques. Le lien mère enfant est alors rarement évoqué.

La néonatologie, branche de la pédiatrie, se construit réellement à partir de 1950, avec l’apparition des méthodes modernes de traitement, de ventilation assistée, de perfusion, d’alimentation parentérale, les prélèvements biologiques dont la micro-méthode… C’est avec le développement de ces techniques modernes, que la néonatologie va pouvoir prendre son essor, la réanimation et la chirurgie néonatale vont aussi se développer.


Les incubateurs sont inventés à la fin du XIX siècle par le Dr Etienne Stéphane Tarnier

(1828-1897) puis progressivement améliorés par différents médecins.

On peut observer cette même évolution de la spécialité, à Lyon, ma région d’origine. En effet c’est à partir de 1750 que les pathologies de l’enfant et des nouveau-nés intéressent la médecine Lyonnaise. Avec les balbutiements de cette spécialité, les enfants sont regroupés dans de grandes salles communes sans isolement et avec un personnel réduit, n’assurant que les soins élémentaires de propreté et d’élevage.


Puis, il faut attendre 1920, et M. Péhu qui sut faire admettre que le nouveau-né et le nourrisson étaient des êtres à part, méritant étude et soins spéciaux. Enfin, en 1962 M. Jeune ouvre à l’Hôpital Debrousse, le premier service de prématurés, qui deviendra plus tard, service de prématurés et des pathologies néonatales.

Un second service de néonatologie, est ouvert en 1974 à l’hôpital Edouard Herriot par surélévation du pavillon K, pavillon d’obstétrique.

Donc à Lyon comme ailleurs, les techniques de prise en charge médicale et de réanimation des nouveau-nés, vont progresser et se techniciser très rapidement, nécessitant une formation spécifique des équipes soignantes travaillant dans ces services. Plusieurs ouvrages dédiés uniquement aux soins infirmiers en néonatologie vont être publiés, très précis sur les pathologies, les surveillances et les traitements ils abordent la relation parents-enfant de façon très rapide, seule quelques pages y sont consacrées.



Enfin, j’ai pu recueillir le témoignage, d’anciennes auxiliaire de puériculture, qui racontent : « dans les années 70, des bébés pouvaient être rendus à leurs parents après deux mois d’hospitalisation, par-dessus le comptoir, sans que les mères ne s’en soient jamais occupées. »

« Plus tard, dans les années 80, à la construction du service un couloir des visites a été créé, c’était novateur… les mères devaient s’inscrire sur un tableau pour organiser leur temps de présence dans le service. »


L’histoire de cette spécialité et ces quelques exemples montrent comment la technicité a pris le pas sur le relationnel et l’importance accordée aux savoirs médicaux et techniques. Il ne faut pas oublier que de ces savoirs développés depuis 70 ans, dépend la survie de nombreux nouveau-nés. Il s’agissait avant tout de les protéger, notamment des infections. L’évolution de cette spécialité a été très rapide, la médecine néonatale a connu depuis les années cinquante des évolutions et des avancées techniques et scientifiques remarquables, repoussant toujours plus loin les limites du possible. Ce qui explique peut-être, qu’équipes médicales et paramédicales, se soient concentrées sur la technique plus que sur les soins relationnels.

Depuis 2000 développements et découvertes ralentissent, les techniques sont mieux maitrisées permettant aux professionnels de néonatologie de se pencher sur l’enfant et son bien-être, de s’ouvrir aux parents, de penser l’enfant comme un sujet de soin.